ART ET URBANITE

PERTUIS DU 1 AU 10 JUILLET 2011

Du 1er au 10 juillet 2011


4 ARTISTES ET LA QUESTION URBAINE

L’honneur m’a été donné par les organisateurs de SUN ART Festival d’organiser l’exposition d’Art Contemporain d’artistes africains dans le cadre de sa quatrième édition. L’occasion pour moi de présenter des artistes qui mènent une réflexion intéressante sur l’urbanité. Lieu de la majorité d’habitants de cette planète et où de plus en plus de personnes vont cohabiter.
Chacun d’eux nous propose une vision complexe ô combien utile. Cette question urbaine entre dans le cadre des préoccupations les plus complexes de notre civilisation. Les réponses les plus denses ont été préconisées, les analyses les plus controversées ont étés formulés. Les artistes continuent de prendre part à cette nébuleuse. Il ya des utopistes, des réalistes, d’autres qui s’interrogent sur les relations des uns avec les autres et des principales postures à négocier pour sortir indemnes de telle ou telle autre situation. Pour certains d’entre eux la question de la mobilité est fondamentale car elle impactent notre vie.
Ce que nous avons à montrer ici est une réflexion complètement imprégnée dans leurs urbanités. Avec une méticulosité quasi obsessionnelle, Mamadou Cissé nous promène dans la réalité des villes du monde entier. Denses, bien structurées, ordonnées, très belles. Là il est question dans un premier temps d’hommage aux bâtisseurs des villes occidentales. Naïf dirons-nous ? Nous pouvons le penser. Il utilise un matériel à la portée de tous : feutres, crayons, stylos à bille, papier A4 par exemple. Ce qui n’est pas accessible à tous, par contre, c’est le temps passé sur ses œuvres, infatigable. Car c’est à un voyage dans son imaginaire qu’il nous invite, dans ses rêves. Il nous ouvre son cerveau. Et c’est là que l’on découvre ses véritables convictions. Il dessine les villes dans lesquelles il a envie de vivre, dans lesquelles il a envie d’inviter le monde. Pas celles où nous habitons. Polluées, placées sous le signe des catastrophes. D’une manière conscient ou non ce travail nous renvoie à l’Afrique. Les couleurs présentes sur les dessins font penser à ce continent qui se transforme d’une manière inéluctable. Il sonne comme avertissement à l’égard des destinées futures.

A l’heure où ce continent connaît une forte urbanisation il et nécessaire de regarder le présent et voir ce qui il s’y trouve. A l’heure de la globalisation les villes africaines sont des éléments fondamentaux de ce qui se passe dans le monde. Le travail de Cheikh Ndiaye atteste de cette situation. Ce qu’il nous montre c’est rien d’autre que ce qui se passe en occident. Il y a le décor et son envers. Son travail est en fait un travail de mémoire. Une approche quasi muséale caractérisé par des fresques qui mettent en scène au sens cinématographique et théâtral la ville par des lieux et des atmosphères. La peinture qu’il nous est donné à voir est d’un réalisme implacable. Une restitution des lieux à l’identique avec toutes leurs imperfections jusqu’au malaise où les hommes, présents dans certaines de ses œuvres, comme des spectres, ont l’impression de d’être en apesanteur. Gardons nous de voir un point de non retour, loin de là. Paradoxalement ce travail de sauvegarde s’inscrit dans un passé inévitable qui ouvre un avenir qui réserve beaucoup de surprises.
Kan-si nous rappelle tout simplement que les relations sociales, les relations des uns avec les autres ne sont pas récentes. Elles prennent une grande importance dans les sociétés urbaines dans lesquelles les individus, isolés, ne sont dénués d’attributs, de facéties, de ressources pour survivre. Que de meurtriers et de cadavres ambulants circulent en nous et à nos côtés ! Nous faisons tout notre possible pour rester debout. Regarder ces portraits gais, graves, mystérieux… et se voir. Ces visages peints tantôt chargés, tantôt très doux. Ces cerveaux bouillonnants à exploser. La réalité de ce monde. Ce monde moderne où pour « réussir » nous n’hésitons devant rien.
Lieu de mobilité la ville offre des mouvements incessants, les rencontres sont des événements et les événements suscitent des rencontres. Les frontières sont de plus en plus poreuses et c’est une très bonne nouvelle pour la créativité. Les influences sont possibles Les nouvelles vont vite. Le travail de Philippe Kayumba consiste à restituer tout cela. Tout ce qui le touche est partagé. Il travaille sa toile tel un laboureur. Avec des petits points, ou des petits carreaux il nous donne un fond comme un tisserand. Et ensuite ajoute des motifs surprenants, colorés, aussi bien dans les formes mises en place que la technique et le matériau. Patchworks, tags, collages, slogans, etc.

E. H. Bougouma FALL


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